Me voilà en Forêt noire. Commençons par l'essentiel : qu'est-ce que c'est beau ! Après la huitième étape de mon voyage, j'ai planté ma tente dans un camping à Titisee.
Il s'agit aussi de ma première étape en solo depuis mon départ dimanche dernier. Comme à chaque fois, le temps s'écoule bizarrement : comme si j'étais parti hier, et en même temps il s'est passé mille choses.
En tout cas, après la journée sans vélo à Fribourg im Breisgau, l'étape du jour était celle que j'attendais avec le plus d'impatience... Et aussi d'appréhension. J'avais hâte d'être en Forêt noire, car c'est ce qui a motivé le voyage au début ; mais un peu d'appréhension en raison du dénivelé : 12 km consécutifs de montée à 10% en moyenne, plus d'autres pentes plus petites par-ci par-là.
Interruption dans l'écriture de cet article pour cause de gestion de housse de transport, on ne s'en lasse jamais.
30 minutes plus tard, me revoilà...
Ainsi donc, je disais que j'appréhendais un peu le dénivelé à venir. Commençons par l'essentiel : je suis bien arrivé. :D
Départ pas trop tard
La météo prévoit encore qu'il fasse chaud aujourd'hui, on s'attend à plus de 30 °C l'après-midi. C'est toujours mieux de pédaler dans la fraîcheur, donc je pars vers 8 h ce matin.
J'ai environ 45 km à faire, mais comme je le disais, le principal enjeu aujourd'hui c'est de monter. C'est la première fois que je fais ça, donc je ne sais pas si du tout comment ça va se passer : est-ce que j'aurai besoin de m'arrêter souvent ? à quelle vitesse je vais rouler ?
Par ailleurs, l'arrivée, je n'ai pas de solution satisfaisante pour la nuit. J'ai réservé une chambreb(avec annulation) dans un hôtel très cher, mais je préférerais camper. J'anticipe donc que je devrai peut-être tourner un peu avant de trouver une place quelque part.
Je m'arrête à une boulangerie, un café, une viennoiserie et on y va !
C'est parti !
Le début est très calme. Je quitte la périphérie de Freiburg en longeant un cours d'eau avec une agréable piste cyclable. Ça grouille de gens à vélo, et avec des vélos de toutes sortes : vieux biclous pour se déplacer en ville, vélos de voyages, vélos de route très affûtés, etc.
Immédiatement, Titisee est indiqué par un panneau : parfait, l'itinéraire est balisé. De toute façon, il n'y a pas 36 chemins possibles, mais c'est cool.

Après à peine 15 minutes, c'est déjà beaucoup plus sauvage. Une dame, aussi à vélo, engage la conversation. Elle se rend au travail, à 4 km et nos chemins sont les mêmes donc on discute un peu. Elle aussi aime bien voyager à vélo. Elle me donne deux -trois suggestions pour mon itinéraire du jour, puis je continue seul.
C'est déjà du faux plat montant, et de plus en plus sauvage. Je croise un dernier village avec quelques animaux, avant d'attaquer l'ascension.
À partir de maintenant, c'est interdit aux véhicules motorisés pendant 10 km, qui sont les 10 km d'ascension. La route est quand même goudronnée, et heureusement parce que c'est raide !
J'avance à l'ombre des arbres, sans croiser personne. Seuls m'accompagnent le cliquetis du dérailleur et le rythme de ma respiration. L'idée est simple : je monte tranquillement, sans forcer, quitte à aller lentement.
Après 5 km, ça fait un peu moins de 45 minute que ça monte, et la pente devient de plus en plus raide. Logique, puisqu'on gagne en altitude. J'ai réussi à rouler dans m'arrêter pour l'instant, pour éviter de repartir en pleine pente.
Le GPS est équipé d'un outil qui indique où on en est dans l'ascension. Je trouvais ça un peu gadget au début, mais là je dois dire que c'est quand même appréciable. Ça aide à savoir ce qui a été fait et ce qui reste.
Deux personnes passent à côté de moi, elles aussi à vélo. Elles me dépassent, puis restent devant moi. Apparemment, un des deux gars a un vélo avec assistance électrique, mais je suis un peu étonné parce qu'il a vraiment l'air de pédaler fort.
Après environ 1 h 15 à grimper, il y a un petit morceau de plat donc je profite pour m'arrêter, reprendre mon souffle, boire un coup d'eau et manger un morceau. Je retrouve les deux cyclistes de tout à l'heure : celui avec l'assistance électrique de retrouve embêté parce que l'assistance est défectueuse. Il a donc un vélo super lourd à faire monter, pas de bol. :/ Ça va un peu dans le sens de ce que je pensais déjà : l'assistance électrique, c'est très girn pour le vélo utilitaire (vélotaff, courses, vie quotidienne), mais pour le loisir, c'est potentiellement plus de problèmes que d'aide et c'est un peu dommage.

Il reste maintenant un peu moins de 4 km à faire et 400 m d'ascension (puisqu'on est à 10%). Ça commence à tirer sur les cuisses, et le chargement se fait sentir. Ariane tient largement coup, le cliquetis du dérailleur rythme mon pédalage. À l'ombre des arbres, la température est agréable ; en revanche, au soleil il commence à faire chaud. Il est pourtant moins de 10 h 30.
J'arrive enfin en haut vers 11 h, ou un peu avant. C'est ensoleillé, il y a une petite aire de jeux avec un abri où s'asseoir. Je ne me fais pas prier pour m'y installer, j'avale allègrement un demi litre d'eau, une banane séchée, et je fais une pause.
Des ouvriers sont en train de bosser, ils me font un signe sympa d'encouragement, je vais les voir. Je ne peux pas m'empêcher de leur demander de me prendre en photo avec Ariane après cette ascension.


À partir de maintenant, le plus dur est fait. Ça descend en pente douce jusqu'à Titisee, ma destination du jour. Je finis paisiblement, en profitant de la vue époustouflante dur les montagnes environnantes. La région mérite bien sa réputation : c'est splendide par ici. Je mets des photos à la fin de cet article.
Fin d'étape
J'arrive à Titisee vers midi. Je commence à chercher un camping et, coup de chance, le premier où je tente a se la place !
"Mets ta tente où tu veux, on fera ton enregistrement après ! " Parfait ! Je plante donc ma tente et j'installe tout. Par contre, pzd d'accès au douche car le ménage est en cours.
Je décide donc d'aller manger au bar du camping : pizza au menu, ça ira très bien ! Suite à quoi, je profite du lac à deux pas pour aller me baigner un peu. Je prépare aussi mon étape de demain.
Elle devrait être plus facile. Seule incertitude : il n'y a pas beaucoup d'hébergements, seulement un camping. J'appelle, c'est OK ils ont de la place. Ça c'est réglé. J'aime quand les choses sont simples comme ça. :D
Douche, puis je reste tranquille au bord du lac. Vers 16 h, je décide d'aller faire un tour au petit centre ville de Titisee. Il n'y a pas grand-chose : le lac et quelques terrasses. Je m'y arrête pour écrire cet article.
Je gère aussi l'envoi de la housse de transport pour le train, qui n'est pas sans poser quelques difficultés. Tout semble bon, l'envoi est planifié pour arriver à München au bon moment, soit vers le 11 août. Mon retour est prévu le 13. Le voyage n'est donc pas fini !
Quelques photos
Voilà, pour conclure cet article et cette étape, des photos du jour ! Peut-être que ça vous donnera envie de venir ? (Mais sans voiture, c'est tellement plus sympa ! )




Bon et quand même, je ne résiste pas à mettre le profil altimétrique (c'est simplement une représentation graphique de l'altitude en fonction de la distance parcourue). Ne m'en veuillez pas. :D
