Petit saut dans le temps en début d'hiver ! Je suis de retour, environ trois mois après le billet précédent, sur le choix du matériel. Cet article continue (et probablement termine) la courte série de rétrospective suite au voyage que j'ai fait cet été à vélo, de Paris à Kolding (Danemark). Aujourd'hui, je reviens un peu plus les outils numériques et électroniques que j'ai utilisés, pour les préparatifs et pendant le voyage.

Il y a, assez logiquement, deux grandes phases, lors desquelles je n'ai pas utilisé les mêmes choses.

  1. Les préparatifs avant le départ, et notamment l'élaboration de la trace. Plus globalement, tous les outils de cartographie.
  2. Pendant le voyage, avec notamment la question des batteries pour les accessoires électroniques.

Côté matériel, pendant le voyage, je suis parti avec mon téléphone portable, un boitier GPS (le Garmin Edge Explore 1 — maintenant disponible en version 2 dans le commerce), un chargeur et les câbles nécessaires. Sur le téléphone, j'avais un certain nombre d'applis installées, sur lesquelles je vais revenir. Et en amont du voyage, j'ai utilisé plusieurs outils de cartographie pour calculer les itinéraires… mais aussi trouver des hébergements ! Moins essentiel pour le parcours, il y a aussi eu le choix de https://getgrav.org/, logiciel qui fournit le blog que vous avez sous les yeux !

Je sais que l'application Strava est très à la mode en ce moment. Mais ce n'est pas trop mon truc : je ne suis pas fan de l'idée de réseau-socialiser outre mesure ce que je fais à vélo. Il y a aussi Polarstep, qui permet de chroniquer les voyages en itinérance avec une carte un peu interactive. J'ai écarté ces solutions, parce que que souhaite favoriser autant que possible les outils libres et open source. J'ai donc utilisé plusieurs outils indépendants : ce Grav pour le blog, et diverses applications pour la cartographie.

Pendant les préparatifs

Pour les itinéraires

Le format GPX est un standard utilisé pour échanger des informations GPS entre différents appareils ou différentes applications. Typiquement, cela permet de calculer un itinéraire, puis de le copier sur le boitier GPS ou dans un autre outil de cartographie (j'y reviens un peu plus bas).

Il existe de nombreux sites Internet et nombreuses applications pour calculer des itinéraires à vélo. Pour les déplacements du quotidien, j'aime bien Geovelo — qui existe en appli smartphone. Ça marche bien aussi pour les promenades, même si parfois les itinéraires proposés ne sont pas optimaux. Mais pour les longs voyages, ce n'est pas forcément idéal.

Je ne connaissais pas l'année dernière, le site Internet B router calcule d'excellentes traces, mais je trouve que l'interface n'est pas très évidente à prendre en main. Plusieurs mois avant de partir, j'ai utilisé principalement Geovelo en mode « Itinéraires touristiques » pour avoir une base. Cela m'a proposé un premier parcours, que j'ai ensuite adapté progressivement, pour le découper en étapes ayant un format que je souhaitais, à savoir environ 70 km par jour.

Pour modifier les fichiers GPX, j'ai tuilisé GPX Studio, application web disponible sous licence libre. Je ne m'en suis pas servi pour les calculs de traces, uniquement pour les découpages et recollements.

Terrains de camping

Une fois la trace dégrossie, il s'est agi d'identifier les potentiels endroits où dormir, et principalement la présence de terrains de camping. L'idée est très simple : avoir identifié à l'avance les endroits vraiment isolés pour éviter de terminer une étape au milieu de rien, avec aucun endroit où passer la nuit. Je voulais éviter le camping sauvage.

À chaque fin d'étape, j'ai vérifié s'il existait des campings. Pour cela, j'ai utilisé le très complet site Open camping map, basé sur OpenStreetMap, donc c'est une valeur sûre ! Cela ne veut pas dire que j'ai à chaque fois campé aux endroits prévus, mais je savais qu'une fois sur place, c'était une destination possible.

Selon les endroits, j'ai aussi localisé des auberges de jeunesse (surtout dans villes un peu plus grandes), plus rarement des hôtels.

Fond de carte avec uMap

Une fois le trajet complètement préparé (principalement avec Geovelo et GPX Studio, donc), j'ai exporté un fichier GPX par étape. Geovelo c'est très bien, pour calculer des itinétaires au jour le jour, mais pour manipuler des données de cartographie dans le cadre d'un grand voyage, c'est un peu limité. Notamment pour apporter des annotations utiles, ou identifier des points d'intérêt (hébergements, campings, etc.).

Je souhaitais avoir un fond de carte plus personnalisable, sur lequel je puisse intégrer les étapes prévisionnelles en amont du voyage, puis pendant le voyage, ajouter facilement les étapes effectivement réalisées. Pour ce faire, j'ai utilisé uMap, encore un outil basé sur OpenStreetMap ! C'est d'ailleurs ce fond de carte qui est actuellement intégré dans l'en-tête de la page d'accueil.

Attention : uMap n'est pas une application pour calculer des itinéraires. Elle permet de gérer des fonds de carte, d'importer des traces, ajouter des annotations, etc. Maintenant, sur la carte, il y a donc deux traces : en jaune/orange ce qui était prévue, et en mauve/violet, ce que j'ai fait en vrai. Avec alternance des couleurs jours pairs/jours impairs pour faciliter la lecture. :-) Comme vous pouvez le voir sur la carte, les étapes sont numérotées (logique !). Petite astuce pour les mettre dans le bon ordre si vous avez plus de 10 étapes : numéroter 01, 02, …, 09, 10, etc. permet d'afficher les étapes dans le bon ordre (ce qui ne serait pas le cas sans le zéro à gauche).

Fichiers GPX et boitier GPX

Pendant le voyage, j'ai utilisé un boitier GPS, sur lequel j'ai copié avant de partir l'ensemble des traces prévues. Il existe une fonctionnalité qui permet de suivre un itinéraire prévu à l'avance, mais finalement je ne m'en suis pas servi (cf. plus bas, j'explique un peu pourquoi).

J'ai aussi pris le temps de vérifier que l'envoi des traces depuis un smartphone vers uMap est simple à réaliser… puisque pendant le voyage, je ne me déplace pas avec un ordi ! Tout doit être fait depuis le téléphone. Avec Garmin Connect, l'appli associée au GPS, c'est assez simple. En effet, je voulais envoyer chaque jour sur uMap l'étape réalisée, en complément de l'étape prévue. Malheureusement, la fonctionnalité « Exporter au format GPX » n'est pas directement disponible depuis l'appli smartphone Garmin Connect, mais on la retrouve depuis la version navigateur Internet, à l'adresse https://connect.garmin.com/modern/home (après connexion).

Pendant le voyage

La principale problématique est évidemment celle de l'autonomie en énergie. J'ai fait le choix de partir sans batterie externe. Choix qui, selon les personnes que j'ai rencontrées pendant le voyage, semble plutôt minoritaire. Secondairement, j'ai passé chaque jours un certain temps à écrire sur ce blog, donc cela me semble intéressant d'y revenir.

La fée électricité

Mon idée était vraiment de partir avec le minimum d'électronique possible : GPS, téléphone portable, leurs chargeurs respectifs… et c'est tout ! Je me disais qu'une batterie supplémentaire, c'était aussi un appareil supplémentaire à charger. Et comme, dans l'ensemble, je n'ai pas traversé de zones très isolées, j'ai estimé que le risque de pénurie d'électricité était plutôt modéré.

Globalement, je n'ai pas eu de problèmes pour charger chaque jour mes appareils. Dans certains campings, j'ai été obligé de me débrouiller avec les sanitaires, mais sans jamais me retrouver à court. Comme j'utilsais assez peu mon portable, je n'avais pas de mal à tenir plusieurs jours si nécessaire (mais en pratique, la situation s'est rarement produite).

Utilisation du GPS

Pour le GPS, en revanche, j'ai été bien plus vigilant. L'appareil est d'occasion, la batterie n'est pas récente et sa tenue de charge est bien inférieure à ce qui est indiqué par le constructeur. Globalement, après 5 à 7 heures d'utilisation, même en économie d'énergie, je commençais à être sur la réserve, voire carrément en risque d'extinction soudaine. Cela ne s'est pas produit, mais j'ai toujours fait attention à partir le matin avec la charge maximale dans le GPS.

En particulier, à chaque fin d'étape, j'ai pris soin de charger l'appareil après avec préparé toutes les configurations et adresses utiles pour le lendemain, et après avoir synchronisé l'étape du jour avec l'appli Garmin. C'est aussi pour cette raison que je n'ai pas utilisé la fonctionnalité qui permet de suivre une trace définie à l'avance : elle me semble beaucoup plus gourmande en énergie, en particulier lorsque l'on s'écarte de la trace prévue. C'est pourquoi j'ai opté pour les calculs d'itinéraires intégrés au GPS. Quitte à désactiver la navigation quand je n'en avais pas besoin, ou quand je voulais spécifiquement suivre un tracé différent.

Applis et sites Internet utiles

Première appli indispensable, évidemment : Garmin Connect, pour synchroniser le portable avec le GPS.

Pour les fonds de cartes et les traces, uMap (j'en ai déjà parlé). Et pour la cartographie en direct, j'ai utilisé le merveilleux service https://cartes.app/, qui surpasse de très loin tout autre outil de cartographie que je connais. Cela m'a été très utile dans les petites villes ou villages, pour trouver des magasinss, boulangeries, restaurants, etc. Vous pouvez laisser tomber Google Maps, ça n'arrive pas à la cheville de cartes.app (qui, de surcroît, est libre et basé sur OpenStreetMap !). J'ai déjà mentionné Open Camping Map, que j'ai aussi utilsié pendant le voyage et qui m'a bien servi.

Côté hébergements, j'ai utilisé la plateforme Welcome To My Garden, déjà évoquée dans des articles précédents.

Rédaction du blog

Un des moments importants (et rituels !) de mes journées, après les fins d'étapes, c'était l'écriture des articles sur le blog. Évidemment, je n'avais pas d'ordinateur à disposition donc j'écrivais tout avec le téléphone.

Heureusement, Grav fonctionne très bien sur mobile. Il n'empêche que ça prend beacoup de temps d'écrire avec un écran tactile, sur un tout petit écran. L'import de photos n'est pas si évident. La syntaxe de Markdown est parfaite pour la rédaction au clavier, mais les caractères spéciaux (crochets et parenthèses, principalement), ne sont pas si facile d'accès depuis un clavier tactile.

Si c'était à refaire, je referais la même chose, parce que cela reste gloablement correct niveau ergonomie (compte tenu des contraintes, disons).

Et pour la suite ?

Le voyage de l'été 2025 n'était pas le dernier, et j'espère même qu'il sera le premier d'une (longue ?) série ! Pour les prochains, j'ai déjà l'équipement nécessaire (cf. cet article. Je n'ai qu'un point de vigilance : le GPS que j'ai acheté d'occasion semble en train de faiblir, notamment niveau autonomie. Et l'écran a pris un coup dans des circonstances que j'ignore, il y a un liseré de pixels morts en plein milieu, qui a l'air de se propager assez rapidement…

Je vais voir s'il est possible de lui donner une seconde vie. Mais en tout état de cause, il me faudra un GPS fiable et en bon état de fonctionnement dans les prochains mois. J'ai déjà des idées de destinations et d'itinéraires. Mais je garde ça pour moi, c'est important de ménager le suspens. :-D

En attendant, bonnes fêtes de fin d'année, et à bientôt pour de nouvelles aventures !

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