Je continue la série de billets rétrospectifs suite au voyage réalisé cet été (Paris → Kolding au Danemark). Après l'article précédent où j'ai essayé de documenter les dépenses engagées pendant le voyage, je vais maintenant revenir sur l'équipement que j'ai emmené. Je vais détailler le choix des vêtements, puis des sacoches. J'ai déjà abordé ce dernier sujet un peu plus à chaud, en plein milieu du voyage : après cinq jours, et de nouveau après douze jours. Maintenant que je suis rentré et que j'ai pu me poser pour y réfléchir, je suis en mesure de faire un vrai bilan. :-)
Je vais essayer de faire le tour de tous les points qui me semblent importants : l'ergonomie, le confort… et aussi le prix — vous verrez que cela peut quand même représenter une certaine somme, tout mis bout à bout. Je précise évidemment que je partage ici mon vécu personnel, ce qui ne veut pas dire que mes réflexions sont valables pour tout le monde ! Cela dépend évidemment de votre pratique, des conditions météo à prévoir, et de vos goûts.
Pour suivre plus facilement cet article, je vous encourage à télécharger ce tableur, qui contient en détail tout ce que j'ai emmené avec moi.
Les vêtements
Je ne redonne pas la liste de tout ce que j'ai emmené en vêtements, elle est dans le tableau indiqué précédemment. Je formule simplement quelques remarques sur les choix que j'ai effectués.
Un peu de récup
- Pour la pluie, j'ai opté pour un K-Way tout ce qu'il y a de plus basique, que j'avais déjà. Et ça a largement suffi.
- Je suis parti avec un pull en laine de mérinos (de chez Décathlon), que j'avais déjà également. Je ne regrette pas du tout de l'avoir emmené. C'est un peu volumineux, mais ça reste léger par rapport à la chaleur que ça apporte.
- Concernant les t-shirts de vélo, j'ai utilisé ce que j'avais : ce sont des modèles de sport en synthétique très simples, pas spécifiques au vélo — les t-shirts spéciaux pour le vélo existent, mais je n'en ai pas et ça ne m'a pas manqué.
Ça, c'est pour là les réutilisations de ce que j'avais déjà. Globalement, j'en suis satisfait. Typiquement, ne pas avoir de t-shirt spécial vélo ne m'a pas manqué : ils sont souvent équipés de poches et ont une forme un peu plus aérodynamique, mais c'était sans importance pour moi. De toute façon, je préfère avoir tout dans les sacoches plutôt que sur moi.
Ce que j'ai acheté
Je n'avais pas de cuissards — je sais, étrange pour un cycliste, mais c'est ainsi ! Pour un voyage de cette durée, c'était évidemment indispensable de s'en procurer. J'ai eu de la chance, j'ai réussi à les acheter d'occasion via un site de petites annonces sur Internet. Une personne les avait achetés mais ne s'en était jamais servi et souhaitait les revendre. D'ailleurs, j'ai acheté auprès de la même personne les chaussettes de vélo et la tente (cf. plus bas). Concernant les modèle, simple et classique : Décath encore.
L'ensemble (2 cuissards + 3 paires de chaussettes de vélo + la tente) m'a coûté 400 €. C'est quand même une somme, mais le matériel technique est assez cher globalement. Pour les chaussettes spécifique au vélo, je suis modérément convaincu : le principal intérêt est qu'elles sèchent très vite donc sont faciles à laver quotidiennement si besoin. Concernant les cuissards en revanche, c'est une évidence : pour de longs trajets, c'est indispensable !
Concernant le reste des vêtements, j'avais tout parce que ce ne sont pas des choses spécifiques au vélo, ou parce que je m'en sers pour mes déplacements du quotidien.
Ce que l'on m'a prêté
Assez peu de choses finalement, mais pour des vêtements ça peut se comprendre. Accessoire bien pratique quand même : une housse de compression. Le principe est tout simple : c'est un sac en toile, imperméable et muni d'une valve. On y glisse le linge et on chasse l'air, ce qui permet de gagner de la place.
Et c'est très efficace ! Je dirais que le gain de volume est de l'ordre de 50 à 70 %, donc pas mal quand même ! J'y mettais tout mon linge, y compris le linge sale — mais en prenant soin de le mettre dans un sac séparé. Rétrospectivement, la housse de compression s'est revélée très utile.
Matériel de camping
Là, j'ai un peu plus de choses à raconter. Je suis habitué à camper, mais pas trop en itinérance, et en tout état de cause pas sur des durées aussi longues ni en solo. La plupart du matériel que j'avais n'était pas vraiment adapté pour un voyage de cette durée : trop lourd, trop volumineux, pas assez ergonomique.
Pour dormir
J'ai voyagé en été, donc je ne m'attendais pas à des températures glaciales. Mais tout de même, au nord de l'Allemagne et au Danemark, la température est voisine de 10 - 12 °C la nuit, même en août. Et le sol peut être très humide. Il faut quand même prévoir de quoi être au chaud.
J'avais déjà un bon sac de couchage. Pour info, les sacs de couchage de trekking sont généralement munis de trois températures : confort/limite de confort/danger. Dans mon cas, c'était 5 °C/0° C/-16 °C. Donc j'ai utilisé ce sac de couchage que j'avais déjà. Le tout pour un volume de 8.5 L (compressibles) et un poids d'environ 1.2 kg.
C'est quand même assez encombrant et lourd, mais à mon avis, ça n'est pas un bon choix de chercher à gagner sur la qualité du sommeil… Et comme de toute façon, j'avais la place et pour moi le poids n'était pas un critère essentiel, tout s'est bien passé. Ensuite, c'est une question de budget : du matériel aussi efficace, plus léger et moins volumineux existe, mais est en général assez cher.
Il faut aussi considérer le matelas pneumatique. Ça, je n'en avais pas mais on me l'a offert (avec d'autres accessoires, cf. la suite de cet article) : c'était le MT500 taille L de chez Décath. C'est globalement un modèle assez abordable, et pour ce prix on ne peut pas s'attendre à des miracles. On y dort convenablement, mais clairement vous ne passerez pas les meilleures nuits de votre vie sur ce matelas. En particulier, point de vigilance sur la taille : je suis personnellement assez petit, et même pour moi le modèle en taille L était minimal.
Comme les sacs de couchage, les matelas sont munis d'un indicateur qui mesure leur capacité à isoler du froid (ou du chaud, mais ça a évidemment moins de sens…). Cet indicateur s'appelle la R-value et c'est un nombre. Entre 0 et 1, le matelas n'a pas de bonnes capacités thermiques, c'est à réserver pour l'été quand les nuits sont douces. Entre 1 et 2, l'isolation est modérée : à utiliser jusuq'à 8 - 12 °C. Et à partir de 6, c'est du matériel pour le très grand frois : hors de propos dans mon cas.
Le modèle que j'ai a une R-value de 1.5 : cela m'a suffi, en combinaison avec un sac de couchage bien chaud et, parfois, le pull en mérinos par-dessus, surtout pendant certaines nuits plus humides. Le gros point fort de ce matelas, c'est qu'il est très léger et peu encombrant une fois plié. C'est un modèle de début de milieu de gamme, qui à mon sens fait parfaitement l'affaire pour des régions tempérées à fraiches.
La tente
Comme je le mentionnais précédemment, j'ai acheté la tente d'occasion. C'est le modèle MT900 2 places, encore de chez Décath. Je l'ai achetée d'occasion. Neuve, elle est quand même assez chère, mais je l'ai trouvée très bien.
Je n'avais pas trop envie de partir avec une tente minuscule, ce qui est un choix parfaitement possible en bikepacking. Il existe aussi un modèle une place de gamme équivalente. Pour une longue durée, j'ai bien apprécié d'avoir un peu de place sous la tente pour pouvoir y rester lorsque la météo n'était pas géniale, ou simplement rester au calme… pour écrire et raconter mes journées, par exemple. :-)
Niveau praticité, rien à redire sur cette tente, c'est impeccable. Elle se monte et se démonte en moins de 15 minutes, une fois le coup de main pris — et ça s'apprend vite. J'ai plusieurs fois eu de la pluie et du vent assez fort, aucun problème d'étanchéité. Si je repars sur des longs formats, je repartirai avec parce que j'en suis très content. Pour des durées plus courte, la version une place peut faire l'affaire, question de goût.
En plus de la tente, il y a tout le petit équipement : popote, réchaud à gaz, couverts, etc. J'avais déjà tout ce qu'il fallait, donc je n'ai rien eu à racheter de ce côté-là. Avant de partir, j'avais beaucoup hésité à prendre popote et réchaud. Mais rétrospectivement, je ne regrette pas du tout et s'il fallait recommencer, je ferais le même choix. Ça m'a bien servi de pouvoir au moins bricoler des repas le soir, quand j'étais dans des campings un peu isolés… ou quand j'avais simplement la flemme de ressortir manger.
Les sacoches
Présentation du set-up
- Sacoche de cintre Restrap Bar Bag Holster 14 L + 3 L. Très pratique, elle est composée de trois parties. La première est celle que l'on fixe sur le vélo, et qui ne bouge en principe plus une fois installée. Elle comporte toutes les sangles et la structure qui maintient le sac étanche en place. Le sac (14 L), justement, est indépendant de la structure, c'est ce qui fait l'intérêt de cette sacoche : il faut quelques secondes pour récupérer ses affaires, sans avoir à tout démonter. La troisième partie est une petite sacoche que l'on peut porter d'une main, qui se fixe par un très astucieux système magnétique avec des d'aimants. On y glisse les objets que l'on souhaite pouvoir prendre avec soi à tout moment : portefeuille, téléphone, lunettes, etc. C'est très stable et aucun problème d'étanchéité. Elle ne semble plus disponible sur le site du constructeur, mais son prix d'achat est de l'ordre de 130 €. C'est quand même un investissement, que je ne regrette pas du tout.
- Une sacoche de cadre (celle-là : Discover 5.5 L) achetée d'occasion. La contenance est bien, je suis content aussi. Il existe des modèles plus grands, qui recouvrent tout le triangle à l'intérieur du cadre. Personnellement, j'ai tendance à préférer les modèles plus petits : l'idée est d'y glisser des petites choses dont on peut avoir besoin en route, et donc qu'elles soient à portée de main même en roulant ou pendant les courtes pauses (casquette, crème solaire, en-cas et barres de céréales, etc.). J'y mettais aussi les vêtements qu'étais susceptible d'enlever et de remettre pluiseurs fois dans pendant la journée : peti pull, jambières, K-Way, etc. Par conséquent, le contenu de cette sacoche n'était pas toujours le même, adapté aux prévisions météo. Point de vigilance tout de même : au début, j'ai eu tendance à un peu trop remplir la sacoche, et mes genoux frottaient dessus. Ce qui a eu un effet étrange : inconsciemment, j'ai adapté la position de mes jambes (plutôt que d'accepter le frottement), et ça m'a fait mal les premiers jours. De toute façon, le frottement aurait fini par provoquer des irritations. Bref : sacoche bien utile, attention tout de même à ne pas la surcharger !
- Deux sacoches arrières de 27 L, que l'on m'a prêtées. Elles ne sont plus en vente, mais le modèle disponible qui s'en approche le plus est celui-là : Aqua Back Single. Le gros point fort de ces sacoches et leur simplicité : pas de poches ni de fioritures, ce sont deux gros sacs. Elles sont parfaitement étanches et solides, rien à dire de ce côté-là. Le système de fixation est vraiment très bien pensé et robuste. Point notable : toutes les pièces détachées sont disponible en cas de casse ou d'usure. Et compte tenu de leur prix, ce n'est pas un détail ! En revanche, je les ai parfois trouvées un peu trop rigides, donc pas toujours pratiques à manipuler. Et comme elles sont très grandes, j'y ai mis la grande majorité de mon matériel. J'y reviens un peu plus bas, mais rétrospectivement je pense qu'il est possible de mieux équilibrer les choses.
Le contenu détaillé de chaque sacoche est dans le tableau que je mentionnais en introduction.
Bilan et amélioration possibles
Dans l'ensemble, j'ai été content de mon organisation. Je ne suis pas certain qu'elle soit adaptée à un usage plus sportif ou dans des conditions où l'on recherche à optimiser à fond l'espace et le poids. Mais pour un voyage à mi-chemin entre du cyclotourisme et du gravel, c'est un bon compromis.
Concernant les vêtements et le matériel de camping, tout me semble très bien, je ne vois pas de modification majeure à apporter.
En revanche, pour ce qui est des sacoches, je pense qu'il est possible d'améliorer assez simplement les choses. Pour la sacoche de cadre et de cintre, rien à dire : j'en suis très content. Vous l'aurez compris, c'est surtout au niveau des sacoches arrières que je ferai différemment les prochaines fois.
Le choix des sacoches pour les prochaines fois
Comme les sacoches arrières étaient très grandes, la grande majorité du matériel était à l'arrière, cela faisait à la fois beaucoup de poids et (surtout ?) beaucoup de volume à tirer. J'aurais été plus à l'aise avec une partie de l'équipement fixé à l'avant, par exemple sur la fouche du vélo.
C'est l'avantage d'avoir eu des sacoches de prêt : cela permet de faire des essais sans immédiatement acheter. Cela m'a permis d'affiner mon besoin et maintenant, je sais parafaitement quelle répartition va me convenir pour les prochains voyages. :-)
- Pour l'arrière, une paire de sacoches Back Roller Plus chez Ortlieb. C'est un grand classique du cyclotourisme/bikepacking, presque la référence en matière de sacoches de voyage. C'est quand même un investissement, mais c'est du bon matériel, toutes les personnes que j'ai croisées en route et qui ont des modèles proches ou équivalents sont unanimes : c'est solide, étanche, facile à manipuler, et durables (les pièces détachées sont faciles à racheter si besoin). Notez que la version que j'ai choisie est en toile de Cordura, mais il existe une version en PVC un peu moins chère.
- Pour l'avant, deux sacoches Fork-Pack, toujours chez Ortlieb. Attention, contrairement aux précédentes, celles-ci sont vendues à l'unité et non par paire. J'ai opté pour les modèles 5.8 L, avec l'idée que pour les voyages courts, une seule devrait suffire. Là encore, cela représente un certain investissement, mais Ortlieb est vraiment réputé pour produire du matériel de bonne qualité et avec une très longue durée de vie.
En termes de volume total, on arrive à un peu moins que ce que j'avais cet été, mais ça ne pose pas problème. L'idée est aussi de pouvoir partir sans que les sacoches soient pleines à craquer, pour pouvoir moduler la répartition, et évidemment pallier d'éventuels imprévus.
Le prix de tout ça
Si je fais le bilan, en prenant en compte les sacoches dans leur version définitive, on arrive quand même à une somme loin d'être négligeable.
- Tente, vêtements de vélo (achetés d'occasion) : 400 €
- Sacoche de cintre (achat neuf) : 130 €
- Sacoche de cadre (achat d'occasion) : 30 €
- Paire de sacoches arrière (achat neuf) : 160 €
- Paire de sacoches de fourche : 2×65 € = 130 €
Comme on le voit, le matériel ça coûte cher. Je ne peux que conseiller, si vous en avez la possibilité, de vous faire prêter des choses, surtout pour votre premier voyage. Cela permet de faire des essais, et bien sûr de limiter les investissements. Il est assez facile d'acheter d'occasion de l'équipement : la plateforme Troc vélo est très bien pour ça.
J'ai ici opté pour des sacoches réputées de bonne qualité, à la fois pour leur étanchéité et leur durée de vie. D'où les prix élevés, mais ce n'est pas indispensable d'investir dans du matériel : tout dépend de la durée du voyage, de sa destination (et donc de la météo prévue), et aussi bien sûr des distances parcourues et des conditions (sur route, ce n'est pas pareil que dans la forêt ou dans des chemins de gravier).
Dans bien des cas, de l'équipement intermédiaire peut être un très bon compromis. On peut aussi imaginer un mélange avec une sacoche très étanche et plus sophistiquée pour mettre à l'abri les bagages qui en ont besoin, et d'autres plus simples pour le reste.