Je suis toujours en route vers Kolding, au Danemark après être parti de Paris il y a 12 jours. Je suis actuellement à Nordhorn en Allemagne, et aujourd'hui je n'ai pas roulé.
J'ai parcouru un peu plus que la moitié de la distance totale, et sur le modèle de l'article que j'ai rédigé 5 jours après mon départ, j'ai envie de faire un deuxième bilan. Ça me paraît intéressant de voir comment j'avance ou recule dans mes réflexions.
Ça pourra peut-être intéresser d'autres personnes qui préparent un voyage en bikepacking, et je suis sûr que ça me servira quand j'aurai oublié tout de qui me passe par la tête chaque jour. 😁
Le matériel, encore et toujours
Les sacoches
Plus j'avance, et plus je suis convaincu que je devrais remplacer les très grandes sacoches à l'arrière par des plus petites, et ajouter des sacoches sur la fourche, par exemple pour la tente ou le sac de couchage. Parce qu'avec la répartition actuelle, tout le poids est à l'arrière : pas trop grave sur plat, mais moins sympa dès que ça monte un peu. On verra ce qui se passe avec le vent qui ne manquera pas de m'accompagner dans les prochains jours. 😁
Niveau qualité, solidité et résistance à l'eau, les sacoches que j'ai actuellement sont vraiment parfaites. Elles ne semblent plus commercialisées, mais en gros c'est celles-là. Merci encore à Éméline me les avoir prêtées. J'ai notamment apprécié l'existence de pièces détachées : avant mon départ, le diamètre des fixations n'était pas compatible avec celui de mon porte-bagages, et l'une des fixations était usée. En quelques minutes sur Le cyclo et pour quelques euros, je trouve les pièces de rechange, qui sont de surcroît très faciles à monter.
Je suis très content de la sacoche de cintre et de la sacoche de cadre. Elles sont très stables, maniables et ergonomiques... À condition de serrer les sangles correctement. 😅 Je n'ai eu aucun problème d'étanchéité.
La sacoche de cintre est la Restrap bar bag 14 L + 3 L. J'apprécie particulièrement le système de fixation de la sacoche supplémentaire, avec des aimants assez forts astucieusement placés. Ça s'accroche et se décroche en moins d'une seconde, j'y mets ce que je dois avoir avec moi tout le temps : documents d'identité, téléphone, GPS quand il n'est pas sur le vélo, etc.
Rien à signaler non plus sur la sacoche de cadre, mais je n'ai plus la référence parce que je l'ai achetée d'occasion.
La selle
Je roule avec une Brooks B17 (lien en anglais). Au-delà de l'aspect et du style inimitables qui donnent l'impression d'être un lord anglais, c'est vraiment top niveau confort !
Il faut un temps de rodage qui peut être assez long avant que la selle devienne vraiment confortable, mais à terme elle s'adapte à la morphologie de la ou du cycliste. Avant de partir, je l'avais déjà depuis environ 1 an. Je dirais qu'après 200 ou 300 km, c'est déjà bien rodé. Maintenant, je ne changerais de selle sous aucun prétexte. Et je ne peux plus la prêter à personne puisqu'elle est moulée maintenant. 😁
Les pédales
Avant le départ, j'ai longuement hésité à partir avec des pédales automatiques ou avec des pédales classiques.
J'ai été convaincu par les divers témoignages que j'ai lus et entendus d'opter pour des automatiques pour les longues distances. Mais comme je ne connaissais pas le dispositif, et comme j'habite en ville, avoir en permanence le pied fixé aux pédales ne me mettait pas trop en confiance.
J'ai finalement choisi une solution intermédiaire, avec des pédales semi-automatiques. Le principe est simple : une face avec les cales pour fixer le pied (à condition d'avoir des chaussures adaptées) et une face sans les cales pour rouler sans s'attacher.
Après 10 jours à rouler, je suis très content de ce choix, et je n'envisage plus de faire des sorties longues à vélo sans pédales automatiques ! J'ai choisi des pédales avec cales SPD. Pour les chaussures, j'ai fait simple : un modèle souple et d'entrée de gamme chez Décath. L'avantage des chaussures souples, c'est qu'il est possible de les utiliser sur la face sans cales des pédales. Cela m'a notamment servi lors de passages plus techniques, où je n'étais pas trop sûr de mon équilibre : au besoin, j'ai facilement posé le pied par terre sans perdre les quelques instants pour me décrocher.
En mode attaché, la position est confortable, le pédalage me paraît plus souple et plus harmonieux. Les quelques fois où j'ai utilisé mon vélo sans les chaussures à cale (par exemple pour les courtes sorties en ville en fin de journée), j'ai immédiatement senti la différence.
Si je devais refaire un choix aujourd'hui, je ferais exactement le même.
L'entretien du vélo
Pendant le voyage, je suis déjà passé trois fois dans un atelier... Soit une fois tous les trois jours en moyenne !
Ça semble énorme (et ça l'est), mais il y a deux situations.
- Après une étape difficile, Ariane avait de la crasse dans les transmissions et le pédalier, il y avait besoin d'un nettoyage en profondeur et je ne pouvais pas faire ça moi-même en l'état actuel de mes compétences en mécanique et avec les outils en ma possession.
- L'entretien courant : mine de rien, le vélo roule beaucoup et dans des conditions qui peuvent être exigeantes (chargement, éventuel dénivelé, intempéries, etc.). Le dérailleur se dérègle un peu, la chaîne se salit, les pneus se dégonflent, certains écrous peuvent se desserrer.
Pour le deuxième cas, en y réfléchissant c'est logique : dégraisser et graisser une chaîne, gonfler un pneu tous les 300 km, rien de bizarre. Simplement, je parcours plus de distance donc il faut le faire plus souvent. 😁 Et je suis plus attentif, aussi. Bon et soyons honnêtes, qui en temps normal dégraisse régulièrement sa chaîne ? 😇
D'ailleurs, ça m'est arrivé quelques fois de procrastiner sur les réglages, notamment la pression des pneus et un ajustement de la selle. Le raisonnement est le suivant : "Bof la flemme me m'arrêter je m'en occuperai plus tard". C'est idiot, n'est-ce pas ? 😅 Une fois tout bien remis, le confort s'en ressent immédiatement !
Donc la leçon à retenir est : on ne reporte pas à plus tard l'entretien d'Ariane quand le besoin s'en fait sentir. J'en viens même à me demander si ça serait intéressant d'embarquer une clé dynamométrique à la place du bon vieux multitools que tout cycliste a dans sa sacoche de selle. Ça éviterait des déconvenues de serrages insuffisants.
Vie quotidienne
Eau et nourriture 🍲
Dans l'article que j'ai écrit la semaine dernière, j'hésitais sur le réchaud. Finalement, je suis bien content de l'avoir pris, il m'a servi plusieurs fois.
C'est peut-être aussi une question de saison et de destination. Les soirées commencent à devenir de plus en plus fraîches, donc j'apprécie de pouvoir manger chaud le soir, même si je campe dans un endroit isolé.
En revanche, ma gestion des stocks n'est pas encore parfaite, encore la procrastination... Il faut faut que je m'efforce à avoir toujours de quoi grignoter en route (ça en général j'y arrive bien), et si possible un repas d'avance, chaud de préférence.
Pour le midi, je n'anticipe pas encore très bien. Ça m'est arrivé plusieurs fois de me retrouver à 14 h 30 en rase campagne, à avoir faim et pas grand-chose dans les environs. D'où l'utilité d'avoir du grignotage dans la sacoche au cas où. Cela dit sur ce point, c'est de mieux en mieux : j'ai pris l'habitude d'analyser l'itinéraire de l'étape suivante, pour localiser les lieux où il sera possible de se ravitailler : boulangeries, supermarchés, peu importe.
Les vêtements
Je suis content de mon organisation : deux cuissards courts, complétés avec une paire de jambières si besoin, deux t-shirts synthétiques, un gros pull en mérinos pour le soir, un pull léger, un pantalon type collants de montagne pour la nuit s'il fait frais. J'ai aussi un cache-cou, mais je ne m'en suis pas servi pour le moment (ça arrivera peut-être lorsque je continuerai mon avancée vers le nord).
Puis les tenues ordinaires : un pantalon, un short, deux t-shirts, sous-vêtements, tongs, chaussures légères en toile.
Côté lessive, je lave avec du savon (le même que pour la douche !). J'essaie de laver les cuissards après chaque usage ; je suis moins regardant sur le reste. Ce sont des textiles qui sèchent rapidement pourvu que l'air ne soit pas pas trop humide. Si la météo ou la fatigue empêchent de faire la lessive, je sépare soigneusement le linge propre du linge sale. D'où l'intérêt d'avoir deux cuissards.
Petit bonus qui s'avère indispensable : je mets les vêtements dans un sac de compression. Ça permet de gagner une place considérable. À vue d'œil, je dirais que ça réduit le volume des vêtements de 50 à 70%.
Les hébergements
Pendant les préparatifs, j'ai passé pas mal de temps à chercher et identifier des endroits où dormir.
Et finalement, je n'ai presque jamais fait de qui était prévu. Pour autant, cette phase préparatoire s'est révélée très utile. Déjà pour les quelques fois où j'ai fait ce qui était prévu : ça m'a évité de chercher.
Mais surtout, et ça je ne l'avais pas anticipé, ça m'a permis d'étudier les noms des villes où je prévoyais de m'arrêter. Reconnaître un nom parce qu'on s'est documenté dessus un peu plus tôt, c'est bien pratique quand il faut changer de plan !
Lorsque je termine une étape, je m'installe et chercher un hébergement pour la nuit suivante est la première chose que je fais.
Globalement, je n'ai pas eu de difficultés à trouver, sauf une seule fois mais ça s'est bien goupillé. J'ai beaucoup utilisé Welcome to my garden, et j'ai aussi passé plusieurs nuits en chambre chez l'habitant. Plus occasionnellement, des auberges de jeunesse ou des hôtels (quand je n'ai pas trouvé d'alternative).
La météo s'annonce meilleure sur les jours à venir, je vais probablement camper. Par contre, je m'attends à sortir les vêtements chauds pour la nuit !
Conclusion !
Voilà, cet article est trop long. J'espère qu'il pourra se révéler utile à d'autres cyclotouristes ! En tout cas, lire d'autres blogs de voyage m'a personnellement bien aidé dans mes préparatifs, et j'aime bien le côté "réaction à chaud".
Peut-être un nouveau bilan dans quelques jours ? 🚵🏼♂️
P.-S. Je me rends compte que j'ai mis 2 h à écrire, il va falloir que j'apprenne à faire plus synthétique. 🤔
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Commentaires
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Salut !
Concernant le tubeless, j'ai hésité avant de partir. Mais comme je ne m'en suis jamais servi avant, je ne me sentais pas trop à l'aise à l'idée de partir avec sans être familier avec l'entretien en-cas de crevaison. Avec mes bonnes vieilles chambres à air, au moins je sais faire. ^^' Et comme par ailleurs les pneus fournis avec le vélo sont bien (ce sont des Schwalbe G-One allround), je 'ai pas trop creusé la question.
Écrit le Thu, 07 Aug 2025 18:18:41 par Clem |
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Salut Clément, pour l'équipement vélo, les pneus. À voir pour passer en tubeless. Gain en confort car beaucoup moins de pression, si micro crevaison tu as le préparatif dans le pneu pour s'auto-durcir.
Écrit le Thu, 07 Aug 2025 14:43:16 par Thomas |
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2 heure d écriture trop long pour toi !!!
Mais pas pour nous
Voyage intéressant bien détailler
Écrit le Wed, 06 Aug 2025 23:35:47 par Claudine |